Historique du Charly-Fox

Une histoire hors du commun



Dans le courant des années 60, lors d’un cours de répétition, un passionné d’aviation et grand collectionneur, un nommé Dubler, n’en croit pas ses yeux. Il aperçoit un Morane au bord de la piscine de St-Imier. (Voir photo du haut). Il est dans un triste état, le fuselage et les ailes, en bois, sont percés. Il est là depuis sept ans, exposé aux intempéries, pour le bonheur des enfants qui peuvent grimper dessus. Mais il est complet et dans son état d’origine. Dubler va voir le directeur de la piscine et lui propose de venir chercher l’avion lorsqu’il ne le voudra plus. Deux ans plus tard il reçoit un téléphone lui disant qu’il peut venir le prendre à sa convenance car il veut s’en débarrasser. Il parvient à faire effectuer le transport par des militaires arguant que cela leur ferait un bon exercice !


Le Morane J-276, est alors démonté, transporté à l’aérodrome de Payerne et placé sous une bâche derrière la halle 5. Dubler va ainsi le voir de temps à autres. Or, un jour, quelle n’est pas sa surprise de constater qu’il a disparu ! A la direction de l’aéroport il apprend que l’avion a été transporté à Dübendorf où il est en fin de restauration pour le Musée. Surpris Dubler leur dit être propriétaire de cet avion mais il n’a pas le moindre document pour le prouver. Il se rend à Dübendorf et parlemente à droite et à gauche, en vain. Il demande à pouvoir au moins obtenir toutes les pièces non utilisées, pour sa collection. Il récupère ainsi une aile et un fuselage, celui du J-64 qui était entreposé dans une caverne. Ce fuselage a été récupéré à la suite d’un accident lors d’un atterrissage (cheval de bois) à Magadino. Il était utilisé, au sol, pour les exercices de saut en parachute. Les pilotes devaient apprendre à se «désharnacher» et sauter du cockpit dans l’herbe. Dubler récupère donc le fuselage et l’aile, de même qu’un tas d’autres pièces. Il entrepose le tout, pendant une trentaine d’années, dans une ferme près de Zurich. Son rêve est de pouvoir finalement refaire un avion et le faire voler. Grâce à l’intervention d’un spécialiste, l’appareil est restauré sur une période de 4 à 5 ans. Un appel est lancé auprès d’anciens mécaniciens ou collectionneurs qui pourraient détenir des pièces et c’est ainsi que le Morane peut être reconstitué à plus de 90% avec des pièces d’origine. Même des moteurs qui avaient été offerts à l’époque à des écoles techniques sont ainsi récupérés. Ce qui fait qu’il y a actuellement plusieurs moteurs de rechange en bon état et bien conservés.

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Nous sommes en 2004

Morane

Il faut préciser ici que tous les Morane de l’armée suisse avaient à l’époque passé à la ferraille, après leur retrait du service de vol.
e propriétaire du Morane espère pouvoir présenter son appareil en vol à Air 04, mais il n’est pas retenu par l’organisateur, exemplaire unique au monde ou pas, car il ne veut pas d’avion à hélice. Ecoeuré de voir le peu de cas fait à ce splendide patrimoine, le propriétaire se résigne à le vendre. C’est donc ainsi qu’il est acquis par l’Association Charly-Fox qui le préserve aussi, et surtout, d’un probable départ pour les Etats-Unis

Eric Chardonnens tient à relever le rôle important joué par Michel Devaud de Mécanair SA, dans la remise en état de l’avion. C’est un spécialiste de ce type de moteurs qui a été en mesure de démonter et réviser les six carburateurs. Quant à leur synchronisation, l’intervention du nommé «Nounours», en réalité Pascal Ischy, un ancien spécialiste Ferrarri, s'est révélée précieuse.

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Daniel Koblet, patron de Mobile Air Service à Bex, appelle Eric Chardonnens pour lui dire qu’un Morane, exemplaire unique au monde en état de vol, est à vendre. De plus il risque de partir aux Etats-Unis. L’Association Morane Charly-Fox est créée dans le but d’acheter cet avion, pour le préserver et surtout pour le maintenir en état de vol en Suisse. Mais cela coûte très cher, surtout les assurances, ( CHF 25'000.-) et il faut donc pouvoir faire de nombreux meetings pour financer l’entretien. Il est alors décidé de le mettre aux couleurs françaises ce qui génère rapidement des demandes pour des meetings en France. Cela couvre partiellement, avec tout récemment le sponsoring de la maison Total Lubrifiants, les frais d’entretien, mais pas les heures de travail que Daniel Koblet effectue en majeure partie à titre bénévole, essentiellement le week-end. Il s'agit d'un engagement considérable, 700 heures de travail durant l'hiver 2005-2006! Mais avec la satisfaction de pouvoir se mettre aux commandes en contrepartie pour les meetings. Le Morane participe donc à de nombreux meetings tant en Suisse qu'à l'étranger.